Interview Life Kit





Peux-tu nous présenter brièvement le groupe ?

Les 4 membres fondateurs de Life Kit (Cédric-guitare, Mandrill-chant, Mathias-batterie et moi au violon et aux percussions) se connaissent et travaillent ensemble depuis 10 ans. On est passé par beaucoup de styles différents durant cette grosse période de recherche, dans des formations death, gothique, trip-hop ou hardcore …
On a formé LK il y a 4 ans en épurant nos inspirations, et en développant quelque chose de plus personnel, notamment autour de l’idée, de la ligne directrice de la vie en kit.
Beaucoup de personnes, hors des 5 musiciens, font parti de l’histoire, comme notre ingé-son (également ancien bassiste) qui à travaillé en studio avec nous, a créé les remixes et le morceau " seed 0 ", notre ingé-lumière qui fait un boulot monstre pour mettre notre univers scénique en valeur, mais aussi notre manager qui nous développe en accord avec nos principes, et également Lukas Spira, notre photographe et body-modificateur, qui nous soutien énormément.
Je pense aussi à M4SS, qui s’occuppe du site web, à notre maquilleuse, et à tous les gens qui nous suivent depuis très longtemps.

Peux-tu nous raconter le parcours du groupe depuis sa formation ?

Après les 1ères compositions, on a enregistré un CD 4 titres, " Life is a code " où les idées commencent à s’ébaucher.
On peut y retrouver notre 1er clip, où un scénario bien précis y est déjà développé.
On a pressé le CD à 600 exemplaires et reçu de bons retours, qui nous ont permis de tourner, en majorité dans le grand sud est de la France.
2 ans plus tard, on rentrait en studio (Praxis) pour concrétiser toute nos années de travail, et accoucher de "Monkey Number One", qui est sorti le 24 septembre sur Overcome Distribution, en national.
Sur cet album, on a voulu poser les bases de l’idée de la vie en kit.
Aujourd’hui on s’apprête à réellement défendre notre album sur scène.

Pourquoi avez-vous choisi d'appeler le groupe Life Kit ?

C’est notre conception de la vie. On s’est rendu compte au fûr et à mesure de notre expérience que les gens règlent ponctuellement leur vie en réglant leurs problèmes, au lieu d’avoir une prise de risque véritable et de rester fidèles à leurs principes ou leur ligne directrice.
On règle la question du canapé, de l’appartement, de la voiture, du mariage, des gosses et du travail.
Une fois atteint 40 ans, on se retrouve dans une jolie petite vie préfabriquée, et on commence à mourir, puisque l’on a déjà utilisé toutes les pièces du kit, que la boite est vide et qu’on a jamais appris à prendre des risques.
Mais LIFE KIT n’est pas une définition arrêtée, chacun peut avoir sa conception personnelle d’une vie en kit (chacun a d’ailleurs un peu la sienne dans le groupe).
On expose ce que l’on pense, on pose un constat, et à la fois une question.
On ne donne pas de solutions faciles et de remède miracle à la misère du monde. Loin de nous l’idée de faire la morale.
Nous sommes au même niveau que tout le monde, mais on prend la liberté de dire et de faire ce que l’on pense.
La question importante qui permet un certain déclic est  : qu’est ce qui me constitue, qu’est ce qui me définit ?
Ma voiture, mon boulot, ma copine, ma maison ?
Ou alors mes choix ?
La vie en kit est ce que l’on décrit, ce à quoi nous ne voulons pas ressembler.

Quelles sont vos principales influences ?

Il y a des groupes qui font l’unanimité chez tous les membres, tels que Neurosis, Ministry, Slayer et Tool (pour l’esprit et l’identité qu’il donnent à leur musique).
Mais on essaye au maximum de faire ressortir d’abord notre personnalité, c’est un effort très long à concrétiser, et très ardu à établir.

Sont-elles les mêmes pour tous les membres du groupe ?

Il y a les groupes que l’on écoute et les groupes qui nous on aidés à trouver notre personnalité.
Nous écoutons tous des groupes différents : Mandrill est porté sur Radiohead, Cannibal Corpse, Suffocation, Mathias et LE fan de Napalm Death et de Brutal Truth, Cédric est porté sur Slayer, Ministry, SOAD, moi j’écoute plus d’indus, du NIN, et du classique contemporain, du Faith No More…

Comment définis-tu le style musical de Life Kit ?

Du gros son avec des gros bouts d’idées à l’intérieur.

Peux-tu nous en dire un peu plus au sujet de votre 1er album Monkey Number One ?

A la base, MN1 devait se présenter sous la forme d’un double cd sous digipack, avec donc un cd bonus multimédia où l’on aurait retrouvé clip, vidéos scéniques, mais aussi un gros travail de photo et de peinture, une présentation de l’équipe et de ce qu’est une vie en kit.
Faute de moyen on s’est rabattu sur la plage multimédia, où le clip et le live n’apparaissent pas (encore une fois faute de moyen). Mais nous sommes quand même arrivés à faire le principal : développer l’idée, via la musique (" Seed 0 ", par exemple, est un morceau en kit construit en studio à partir de bouts d’autres morceaux de l’album), via la pochette et l’imagerie générale de LK, vecteur du message. On travail également sur le contre-slogan " le monde avance sans vous " en utilisant les armes de la pub, mais à l’envers, avec un peu de cynisme. Histoire que les gens réagissent un minimum et se pose des questions, au lieu d’accepter et de se résigner en bouffant de la pub jour après jour. La flatterie est la plus grande arme de la publicité et de l’univers de consommation. La satisfaction immédiate de nos envies et désirs est un phénomène extrêmement destructeur. Ce phénomène est pour ma part, capable de dégénérer entièrement une population. C’est pour cela qu’il faut parfois mettre les gens face à leur merde. Se concentrer sur sa propre vie et ses propres choix plutôt que d’essayer par l’argent de ressembler à toutes ces belles personnes que l’on retrouve à la télévision. Je ne les envie pas.
Bref MN1 est le reflet de notre personnalité par tous ces moyens, un véritable produit fini et réfléchi (à nos yeux), même s’il y a eu beaucoup de démerde pour arriver à le finaliser.
C’est notre bébé, la dalle de la maison que nous allons construire, à partir des fondations que sont nos dix années communes.
Sinon, on nous demande souvent si c’est un concept album … en fait non. C’est plus un album qui introduit une idée sur laquelle se base le groupe, et qui va être déclinée, développée, enrichie sur tout le reste de notre travail.

Comment s'est passé l'enregistrement de cet album ?

Très bien. On a mis pas mal de temps pour choisir une personne qui collerait humainement au projet, qu’on sentait prête à s’investir, qui possédait le même vécu que nous et ne serait pas la pour faire le pousse-bouton en lisant le journal du matin en même temps.
Mamad Raffati était cette personne. C’est aussi grâce à lui qu’on a pu faire autant avec si peu de moyens. Il a même joué sur l’album (les percussions sur le break en clair d’ " Impersonnality " c’est lui !!!)…il a apporté sa pièce au kit. Cette investissement personnel est quelque chose d’important à nos yeux, vis a vis également des fans qui peuvent apporter leur conception du kit et en discuter. Il faut une interaction avec eux, établir un dialogue.
Angelo, notre ingé-son, était également présent en studio et à fourni un énorme travail. Il a servi, si je peut dire, de traducteur musical entre l’esprit du groupe et Mamad. La symbiose qui s’est créé se poursuit actuellement, car ils ont décidés de travailler ensemble au studio.

Comment procédez-vous pour composer ?

Guitare, batterie et basse forment la base, le corps et la mise en place de la structure. La mélodie et les arrangements via la voix, le violon, les percussions viennent s’y greffer. Mais on retravaillent très souvent la construction du morceau par la suite pour rajouter de la cohérence.
On met parfois 6 mois pour aboutir une composition, prendre le temps de bien faire le tour du morceau et avoir un bon recul afin d’être totalement satisfait.

Quel titre préfères-tu sur cet album, et pourquoi ?

Pour ma part, c’est " Lost " pour la tension qui me correspond personnellement, mais il est vrai que chaque personne du groupe à un morceau préféré différent…et tous les retours différents qu’on a eu vis a vis du public confirme qu’il n’y a pas de prototype de morceaux life kit . Chaque morceaux possède sa personnalité. Je pense qu’il est un peu inutile de retrouver exactement le même morceau sur tout un album, mieux vaut alors juste acheter un single. Il faut avoir plusieurs facettes, ce qui n’empêche pas de retrouver l’essence et la personnalité du groupe dans chaque titre. Je pense que lorsqu’on a une personnalité, on a pas peur de rester ouvert, de faire évoluer et d’enrichir son propos. Quand on a pas pris le temps de travailler sur soi, on a beaucoup plus de risque de se perdre en route, ce qui arrive dans beaucoup de groupes qui veulent aller trop vite ou prendre le train en marche.

Quels sont tes groupes et tes albums favoris ?

Je pense avoir un peu répondu à la question avant mais je redirai NIN, " fragile ", pour son coté introspectif, qui me parle personnellement.

Si tu devais participer à un tribute album, quel groupe et quel titre choisirais-tu ?

Je ne vois pas vraiment l’intérêt de reprendre tel quel un morceaux d’un groupe. J’ai fait beaucoup de musique classique avant, où tu bases ton instrument uniquement sur le travail des autres. J’ai assez donné. J’ai choisi le métal pour son esprit et la possibilité de faire ma musique. Mais il est clair que je parle en mon nom, si le groupe veut un jour en faire un, je le ferai avec plaisir.
Par contre faire une reprise retravaillée, ça oui !
Nous travaillons en ce moment sur quelques petites surprises.

Vous avez déjà joué avec des groupes comme Spineshank, Chimaira, Cannibal Corpse, Lofofora, Enhancer … Quels ont été tes meilleurs souvenirs ?

Quand je rencontre le public, à chaque concert. Je parle une fois encore en mon nom.

Parmi les groupes français et internationaux, quels sont ceux avec qui tu aimerais jouer ?

En France : Gojira, Empalot, Sleepers, Punish Yourself car je ne les ai jamais vus…

Sur l’étranger : Neurosis, Ministry, SOAD, Slayer, Napalm…dur de tous les marquer, les autres membres de LK auraient sûrement d’autres idées !!

Peux-tu nous parler de la tournée Monkey Number One Tour 2004 ? Est-ce qu'une date est prévue à Clermont-Ferrand ?

On a eu, comme tous les groupes français, beaucoup de problèmes pour tourner, surtout dans le sud, vu le désintérêt quasi-général des structures. 2 tournées ont été annulées en octobre et janvier…mais notre entourage se renforce, et les dates démarreront principalement à partir de mai et juin, avec notamment la 1ere partie de Neurosis le 26 juin au Fury Festival.
Toutes les dates, dès leur confirmation, sont mises en lignes sur notre site.
Pour Clermont-Ferrand, je crois qu’on y travaille !!

Peux-tu nous raconter une anecdote au sujet du groupe ?

On se réunis souvent pour faire des concours de plats dans la piscine, mais il faut boire beaucoup pour oublier la douleur. On aime beaucoup rire. L’humour est quelque chose de très sérieux, on ne plaisante pas avec ça.

Quels sont vos projets pour l'avenir ?

Construire.

Merci de nous avoir accordé cette interview, et pour conclure, peux-tu dire quelques mots pour les auditeurs de Metal Choc ?

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