| Tout d'abord, peux-tu nous raconter
l'histoire de Last Autumn's Dream ? C'est amusant de voir comme parfois les choses
tombent juste à point.
Je cherchais, et c'est arrivé. J'enregistrais moi-même
du matériel solo lorsque l'ancien label de Fair Warning,
Marquee Records au Japon frappa à ma porte en me
demandant ce que je faisais à ce moment là. Je leur ai
donc envoyé mon matériel solo. Ils l'ont aimé et m'ont
suggéré de collaborer avec un chanteur qu'ils avaient
signé depuis longtemps et qui avait eu beaucoup de succès
en Europe et également au Japon. Ce chanteur c'était
Mikael Erlandsson.
Nous avons échangé des démos et avons bientôt décidé
de nous rencontrer.
Le label était ravi, donc nous nous sommes rencontrés
et enfermés avec une guitare et un piano. C'est là que
le feeling "Last Autumn's Dream" est vraiment né.
Rencontrer Mikael semble avoir déclenché une synergie
immédiate.
Pour moi, il était temps qu'une chose pareille m'arrive.
Donc quand notre démo prit une forme à peu près présentable,
le producteur de longue date de Mikael, Ulf Wahlberg qui
semblait connaître tout le monde de la scène rock suédoise,
demanda à 3 ex-membres de Europe Ian Haugland, John
Leven et Mic Michaeli de prendre un verre avec nous et
nous avons joué nos compositions devant eux.
Et ils ont dit : " on est d'accord ! "
Que peux-tu demander de plus ?
Peux-tu nous parler des autres
musiciens qui ont pris part à ce projet ?
Le premier et le principal c'est mon
nouveau partenaire Mikael Erlandsson. C'est un musicien
aux multiples talents. Notamment, c'est un chanteur au
vrai sens du terme.
Il ressent les mélodies lorsqu'il les chante. Ses capacités
en tant que compositeur font partie de ses autres talents impressionnants. Avant notre rencontre il a écrit et
interprété 4 albums solos.
Et ensuite il y a bien sûr les mecs d'Europe !
Et bien, que peut-on dire qui n'ait pas encore été dit
sur leur carrière ?
En plus d'avoir été un des plus grand groupe de rock
des années 80, Europe, ils font partie des musiciens
studio et live les plus demandés. Juste pour te donner
un exemple, ils ont participé à un album intitulé
"Burning Live Japan" en 95 de Glenn Hughes un
ex-membre du légendaire Deep Purple.
Cela seul à suffit à les faire entrer dans l'Olympe du
rock J
Peux-tu nous parler de votre premier
album ?
Pour moi c'est un vrai album de hard
rock mélodique.Tu vois, ce qui est super dans ce style
c'est que tu as plus de liberté pour développer les
chansons. Le hard rock mélodique te permet de jouer des
chansons très dures comme "Break The Chains (Of
Destiny)" aussi bien que des ballades émotionnelles
qui commencent soudainement par un son rock comme "Gardian
Angel". Cela donne aussi plus de possibilités
musicales au guitariste. C'est pourquoi j'aime tellement
ce style.
En bref, cet album combine toutes les couleurs des
feuilles d'automne. Triste, en colère, désespéré,
nostalgique, désespérément seul et profondément touché.
Cela ouvre le passage à toutes ces émotions parce
qu'elles sont mêlées à la musique
Quel est ton titre préféré sur
cet album, et pourquoi ?
Hmm, j'aime écouter l'album tout
entier en fait. Cela donne plus de feeling.
Mais ok, puisque je dois choisir je dirais "Break
The Chains (Of Destiny)".
Ce titre déménage vraiment ! Ce qui
sort de vos hauts-parleurs est énorme. La voix de Mikael
est dure et véhicule vraiment la colère qu'il y a dans
les textes et dans tout le reste.
En plus il contient quelques super passages solos qui
plus tard se développent mélodiquement.
J'aime tout particulièrement jouer le solo de guitare
sur ce titre.
Qui écrit les chansons ?
Mikael et moi avons travaillé ensemble
les chansons. Lui et moi avons apporté des idées et
avons beaucoup discuté également au sujet du style.
Nous devions vraiment savoir si nous étions "branchés
sur la même longueur d'onde". Je me souviens d'une
conversation téléphonique avec lui au sujet d'une idée
particulière. En fait il me chantait quelques idées
d'arrangement par le biais du téléphone et nous avons
commencé à discuter sur le fait que certains éléments
de style des groupes classiques de rock, continuaient à
nous influencer aujourd'hui. Alors il m'a dit quelque
chose comme "pourrais-tu jouer ici et là quelques
trucs de guitares à la Thin Lizzy ?". J'ai essayé,
je lui ai envoyé et il a aimé. C'est à ce moment que
j'ai ressenti le fait que cela pouvait vraiment marcher.
Lorsque l'album en était encore à ses débuts, j'ai
concentré mon attention sur les parties de guitares,
pour la plupart instrumentales. Mikael est arrivé avec
des mélodies qui n'étaient pas encore arrangées.
Lorsque nous nous sommes séparés, je suis revenu en
Allemagne mais nous avons gardé le contact par téléphone
et avons échangé en ligne des idées de chansons et
d'arrangements.
Quand est arrivée l'heure de la sélection finale, le
label est devenu hésitant quand à mes parties
instrumentales, alors mon producteur à Berlin, Rick
Brightman a trouvé quelques idées avec lesquelles
j'avais aimé travailler. Et, il y eut le dévelopement
du titre très orienté guitares heavy "Hight Up".
Mikael l'a aimé et donc notre travail sur l'abum a
continué à avancer.
Mais c'est un challenge de collaborer malgré la distance
: Tu dois toujours travailler tes idées de façon présentable
car tu ne peux pas perdre de temps. Dans un autre groupe
tu risques de travailler sur des idées que les autres
n'apprécient pas. Par chance Mikael et moi étions
d'accord la plupart du temps et nous respections
mutuellement le travail de chacun. Dans un certain sens
j'ai l'habitude de travailler malgré la distance parce
que Fair Warning était un groupe dont les membres
vivaient dans 2 villes différentes, Hannovre et Berlin.
De quoi parlent les textes ?
Nos chansons expriment vraiment un
large éventail de sentiments.
Tu as la jeunesse révoltée comme dans "Break The
Chains (Of Destiny)", aussi bien qu'une histoire
simple mais très tristre comme dans "Guardian Angel".
Tu as des textes sur des blessures profondes dans "Again
And Again", mais aussi des chansons où l'on ressent
de l'admiration comme "Never Let You Go" et
"The One" qui sont comme des îles parmi tous
les textes qui parlent de mélancholie. Tu peux écouter
des titres qui explorent ce qui se passe au fond de toi
lorsque tu es seul comme "Going Home" et "Movin'On"
et également un hommage à tous ces anciens héros du
rock'n roll qui nous apportent encore beaucoup dans
"High Up". Et "Blink Of The Eye"
c'est simplement un truc qui me fait sourire à chaque
fois que je l'entends. J
Travailles-tu actuellement sur
d'autres projets ?
Oui, mais pas des projets aussi
importants que "Last Autumn's Dream".
Faire autant d'effort sur un album peut vraiment te
prendre beaucoup de temps.
Si tu es vraiment accro à une idée, tu ne vois pas le
temps passer. Mais tu ne vois pas non plus à quel point
tu es épuisé. La musique occupe une grande partie de ma
vie et je pense que la plupart des musiciens à plein
temps assument cela. Pendant mon temps libre, j'aime
jouer sur scène avec des groupes, que ce soit des cover
bands ou des groupes amis qui ont du matériel original
pour garder l'esprit "On the road". Plusieurs
fois, on a fait appel à moi pour aider dans des sessions
studio et cela a abouti à des relations d'amitié sincères,
également avec des producteurs et musiciens de la scène
locale à Berlin. Je suis aussi fier d'avoir réuni un
petit nombre d'élèves. Montrer à tous ces jeunes
talents qui sont nos héritiers ce que je ressens lorsque
je joue de la guitare rock classique est une autre chose
très importante à faire.
Quels sont les artistes qui t'ont
inflencé ou que tu apprécies ?
Mon père était violoniste dans
l'orchestre philharmonique de Berlin. Donc naturellement
j'ai voulu étudier le violon aussi. Mais quand je devint
un jeune adolescent de 13 ans, il se passa un grand choc
: j'ai jeté mon violon et j'ai acheté une guitare. Bien
sûr, je ne voulais plus jouer la même musique que mon père.
Mais j'ai été influencé par la technique
professionnelle pour travailler un instrument, ce que
j'avais appris de lui jusque là. Je m'intéressait donc
aux guitaristes de rock plus lyriques. Alors j'ai commencé
à écouter des gens comme Carlos Santana et j'ai essayé
de jouer comme lui.
Mis à part Carlos Santana et sa façon unique de jouer,
il y avait aussi bien sûr Jimi Hendrix. Tu es obligé d'être
influencé par Jimi. Il savait amener son instrument à
ses limites; en sorte tu ne peux pas aller plus loin.
C'est là que tu commences à te rendre compte de ce que
tu peux faire avec le même instrument.
20 ans après Eddy Van Halen était dans le même cas de
figure. C'est une influence également.
Un autre dont j'aime beaucoup le son et le feeling, c'est
Gary Moore et aussi Neal Schon , le guitariste de Journey
qui était très réputé à l'époque. Ses solos sont
incroyablement émotionnels.
Quels sont tes groupes et albums
cultes ?
Et bien mon top 10 serait :
- AC/DC "Highway To Hell"
- Deep Purple "In Rock"
- Thin Lizzy "Thunder And
Lightning"
- Aerosmith "Tracks From The
Attic"
- Metallica "The Black Album"
- Extreme "Pornograffiti"
- Jeff Beck's "Guitar Shop"
- Gary Moore "Corridors Of
Power"
- Joe Satriani "Surfin' With
The Aliens"
- Van Halen "1"
Peux-tu nous raconter une anecdote
amusante durant ta carrière ?
Il y en a eu des bizarres et des
marrantes à mes débuts lorsque je jouais avec des
groupes de ville en ville. Mais je me souviens d'un épisode
qui est resté dans ma mémoire durant ma période avec
Fair Warning :
Nous étions en tournée à Tokyo et logions à l'hôtel
Hilton.
J'étais dans ma chambre d'hôtel , il était une heure du
matin et je cherchais des cigarettes.
Je n'en trouvais pas, alors j'ai quitté l'hôtel en t-shirt,
short et sandales pour trouver un endroit où acheter un
paquet. Mais à Tokyo, cette métropole qui ne dort
jamais, j'ai fini par me perdre.
J'ai cherché quelqu'un qui pourrait m'aider, j'ai
remarqué un couple qui avait l'air européen, et je leur
ai demandé le chemin de retour pour l'hôtel. Ils m'ont
regardé de la tête aux pieds et ont dit : "vous
n'avez pas l'air de quelqu'un qui habite à l'hôtel
Hilton !"
Par chance, j'avais les clefs de ma chambre avec moi pour
leur prouver que je disais vrai.
Finalement ils ont accepté et en fait ils connaissaient
le chemin de retour. J
Il me semble qu'être crédible en tant que musicien de
rock est totalement différent des autres métiers.
Serez-vous en tournée prochainement
?
Si nous sommes dans les charts dès la
première semaine au Japon, nous serons vraiment
impatients d'aller là-bas jouer notre rock.
J'ai de bons souvenirs de tournées au Japon et
j'aimerais beaucoup y retourner, cette fois avec "Last
Autumn's Dream" mon propre groupe. Mais nous devons
rester réalistes. On ne peut pas faire un concert en tête
d'affiche avec un seul album. D'un autre côté, les
premières parties ne sont pas coutumières au Japon.
Donc nous avons décidé de reporter cela au prochain
album et d'y inclure aussi l'Europe.
Quels sont tes projets futurs ?
Continuer à faire du rock avec "Last
Autumn's Dream". Sérieusement ! Avant ce groupe
j'avais beaucoup d'idées de collaboration avec d'autres
artistes.
Rencontrer Mikael m'a montré que de grandes choses
peuvent arriver dans la vie, par un coup de chance, à
l'improviste. Donc je pense que je vais continuer à
travailler et voir ce qui se passe.
Et pour conclure, peux-tu dire un
petit mot pour les auditeurs de Metal Choc ?
Commencez à jouer et à vous entraîner
dur tant que vous êtes jeunes, parce qu'après vous
n'aurez pas assez de temps lorsque vous serez dans un
groupe !
Et si Corinne diffuse maintenant un titre pêchu de notre
album, je vous suggère fortement à tous : saisissez le
bouton de volume de votre radio
Et TOURNEZ-LE VERS LA DROITE !!!
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