Interview Kruger




Pour commencer cette interview, peux-tu nous rappeler le parcours du groupe ?

Kruger est né en 2001 sur les cendres de différentes formations de la scène metal romande avec des membres de Sludge, Sweet Disease et Rude. Le premier album est sorti en 2002 et nous a permis de faire pas mal de date en Suisse et en France avec des groupes comme Nostromo, Isis, Knut et Sleepers

Comment décrirais-tu votre musique ?

C’est un mélange assez hétérogène de post-hardcore avec des déviances metal et parfois plus rock’n’roll. Certaines personnes nous trouvent même des réminiscences stoner ou carrément sludgecore. Tout ça pour dire que Kruger brasse de multiples influences.

Peux-tu nous parler de votre nouvel album qui s’intitule « Cattle Truck » ?

Il est très différent du premier qui, à mon avis, n’était pas très abouti en ce qui concerne la production. « Cattle Truck » sonne bien mieux que son prédécesseur et présente un aspect plus sombre avec des longs morceaux aux structures peu linéaires. Le chant n’est plus exclusivement hurlé, des samples viennent appuyer certains passages et la musique est dans l’ensemble plus riche et variée.

Comment s’est passé l’enregistrement de cet album ?

On a enregistré l’album nous même dans le studio Bellefontaine à Lausanne qui appartient au bassiste des Favez. Un ami nous a filé un coup de main pour le placement des micros et on s’est débrouillé seul pour les prises en hésitant pas à mettre sur bande des idées au dernier moment, quand l’inspiration était là. L’enregistrement a duré une semaine au total avec des horaires souvent éclatés du fait qu’on tous des jobs à côté du groupe.

Comment avez-vous procédé pour la composition ? Qui s’occupe des textes ?

La composition de cet album a été longue et parfois laborieuse. Chaque titre est issu d’un ou deux riffs de base sur lesquels d’autres parties se sont progressivement greffées après des heures de débats quant à la nature des arrangements. Le processus a pris du temps car nous sommes tous impliqués dans l’écriture et chacun tient beaucoup à tester ses idées.

De quoi parlent vos textes ?

Le contenu des paroles est souvent très drôle et ironique ce qui ne manque pas d’étonner bon nombre de personnes qui ont de la peine à concevoir qu’on puisse développer des textes deuxième degré sur ce type de musique. Les sujets sont assez variés : la picole, les autoroutes, les plaines du Nevada, la politique américaine durant la deuxième guerre mondiale, etc …

« Cattle Truck » a été mixé par Fredrik Nordström. Peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet ?

J’ai toujours été un grand amateur de metal suédois et Fredrik a travaillé sur certains des meilleurs disques de cette scène. Le reste du groupe n’avait rien contre le fait de faire le mix chez lui alors on l’a contacté et il nous a proposé trois jours en juin pour un prix raisonnable. On a pas hésité. Ca a été une expérience assez stressante vu le peu de temps à disposition. De plus Nordström n’avait jamais entendu un seul de nos morceau avant que je débarque dans son studio à Göteborg et la musique qu’on joue est très différente des productions plus typée metal sur lesquelles il a l’habitude de bosser. Malgré tout il nous a concocté un son assez proche de nos attentes. C’est un grand professionnel et un type très sympa.

Parmi les titres présents sur « Cattle Truck », quels sont tes favoris et pourquoi ?

Personnellement j’ai un faible pour "Drive Run". Il est très long et passe d’une extrême à l’autre ce qui le rend vraiment intéressant à jouer autant instrumentalement qu’émotionnellement. Je pense que le prochain album devrait suivre certaines directions abordées sur ce titre. J’aime également beaucoup « Speedometer » qui est un des morceaux rendant le mieux en live. On enchaîne d’ailleurs ces deux titres sans transition sur scène et le résultat est particulièrement écrasant …

Quels sont tes groupes et tes albums de tous les temps ?

Difficile de répondre. Trop de bons groupes et de bons disques … Par contre, parmi les groupes qu’on apprécie en commun au sein de Kruger je citerais Neurosis, Breach et Entombed. On était aussi des grands fans d’Helmet jusqu’à leur dernier album…

Comment se porte la scène suisse actuellement ?

Elle se porte toujours en pleine forme. Unfold a splitté récemment mais les vétérans de Sludge, Nostromo, Knut et Samael sortent toujours de bons albums et des petits nouveaux prometteurs comme Zatokrev, Sybreed ou Forceed font leur apparition. Le problème est toujours le même dans ce pays : trop petit, pas de réelles structures pour promouvoir les musiques « difficiles » comme le metal et l’obligation de se tourner vers l’étranger sous peine de moisir dans son local de répète …  

Quelle est ton opinion au sujet de la scène métal internationale ?

Ben comme toutes les scènes musicales, y’a du bon et du moins bon, des majors véreuses et des labels indés plus ou moins honnêtes, des concerts avec plus ou moins de filles d’alcool et de drogues, des modes qui passent … Je pense que le metal sous toute ses forme se porte plutôt bien et que le grand public est de plus en plus habitué à ce style si j’en juge par le triomphe d’un groupe comme Slipknot qui arrive à vendre des millions d’albums avec une musique pas vraiment axée variété.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Faire des concerts, composer un nouvel album et finir le mix d’un titre électro-acoustique qu’on a pas eu le temps d’achever en Suède. Si tout se passe comme prévu il sera téléchargeable sur le site du groupe en début d’année prochaine. 

Et pour conclure, peux-tu dire quelques mots pour les auditeurs de Metal Choc ?

Continuez de supporter le metal sous toutes ses formes car c’est objectivement la meilleure musique de tous les temps. Merci pour l’interview et bonne année 2005.




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