| Pour commencer, peux-tu
nous raconter le parcours du groupe depuis sa formation ? Guillaume (basse) : Kemet
existe depuis 1997. En un peu plus de 6 ans le groupe a
concrétisé trois enregistrements: une démo
autoproduite aujourd'hui épuisée ("Pieces...")
, un premier CD sorti en 2001 chez DeadSun Records
("Dying with Elegance") et enfin un nouvel
album ("The Night Before") dont la sortie est
prévue pour février 2004 sur le label français
Thundering Records.
Comme dans de nombreuses formations, le line-up a évolué
depuis les origines. Kemet, c'est aujourd'hui Eric (chant),
Vincent (guitare), Christophe (guitare), Serge (batterie)
et moi même à la basse.
Comment décrirais-tu
votre musique à quelqu'un qui ne l'a jamais entendue ?
Guillaume : Notre
musique est une sorte de métal hybride à la croisée de
plusieurs styles. Nous puisons notre inspiration au sein
des courants de la scène métal actuelle (dark, heavy,
goth etc.), mais aussi dans des sonorités plus rock ou même
électroniques. Avec les premiers retours de gens qui ont
pu écouter The Night Before, nous constatons à quel
point des personnes issues de scènes très différentes
(neo-metal, pop, black métal...) se retrouvent dans nos
compositions. Cette appropriation de notre musique par
des auditeurs de profils très différents est assez
flatteuse et rend difficile le collage d'une étiquette
à notre musique... Libre à chaque auditeur d'interpréter
notre style comme il le souhaite.
On vous a comparé à
des groupes comme Anathema, My Dying Bride, katatonia ou
bien Opeth, que penses-tu de ces comparaisons ?
Guillaume : Nous
sommes flattés par de telles comparaisons avec des
groupes qui ont su marquer à jamais le paysage musical
en proposant une musique très personnelle, avec une
identité très forte. Sans renier ces influences, nous
espérons que le public saura reconnaître a son tour
l'empreinte de Kemet avec un album comme "The Night
Before"
Parle nous de
votre nouvel album " the night before "
Vincent (guitare) : Cet album comme son prédécesseur
" Dying with elegance " nous a demandé un
investissement personnel conséquent. Notre souhait a
toujours été de proposer le meilleur de nous même tant
par respect du public que par satisfaction personnelle.
" The night before " arrive donc aujourd'hui,
après plus de 2 années de composition. L'accouchement
nous a également demandé plus de temps car nous avons dû
faire face en 2001 au départ de deux membres du groupe.
Fort heureusement, nous avons eu la chance de trouver
rapidement les bonnes personnes pour venir renforcer
Kemet et nous permettre de produire un album à la fois
emprunt d'une identité nouvelle dû au changement de
line up mais qui sait cependant rester fidèle à la
marque de fabrique Kemet.
Cet album a été l'occasion pour nous d'expérimenter de
nouvelles méthode de travail avec l'incorporation
notamment de séquences, de samples, d'influences électroniques
diverses et variées. Nous disposons aussi à présent de
l'aide de Christian, notre ingé son, qui n'hésite pas
à s'investir au sein du groupe en tant que compositeur,
ce qui constitue je pense un atout supplémentaire pour
la suite des évènements.
En définitive, depuis " Dying with elegance ",
Kemet a mûri et s'est renforcé. Nous espérons
aujourd'hui que ce nouvel album " The night before
" permettra au groupe de s'affirmer au sein de la scène
metal actuelle et de pouvoir continuer à s'investir tout
aussi passionnément que jusqu'alors dans ses projets présents
et à venir.
Votre musique est moins agressive sur cet album.
Peux tu nous parler de cette évolution ?
Vincent : Il est vrai que sur notre premier album
" Dying with elegance ", l 'émotion dégagée
était brute, et les voix principalement renforçaient
cet aspect " agressif " de la musique.
Aujourd'hui, Kemet a évolué et ce qu'il en ressort sur
" the night before ", c'est je pense un travail
plus léché, plus mâture certainement. C'est un
processus naturel et le rendu, c'est ce qui nous
correspond sans doute le plus actuellement. Les vocaux
d'Eric sont à présent en voix clair dans leur quasi
totalité mais n'en reste pas moins authentique et honnête
avec nos ressentis.
Personnellement, pour qualifier notre musique,
j'emploierais le terme de rage qui fait plus référence
à l'intériorité et la subjectivité, l'agressivité n'étant
qu'un qualificatif généraliste ne reflétant pas le
fond mais la forme.. Ce que je veux dire c'est que nous
ne préméditons pas ce que nous produisons car c'est ce
que nous ressentons de façon purement égocentrique ,
bien au delà du paraître que nous sommes comme tout un
chacun obligé de revêtir pour nous identifier en terme
de normes, de bonnes murs
L'interprétation
des sentiments reste une liberté propre à chacun et
donc complètement subjective.
On retrouve en guest Adeline, la chanteuse d'Akin
Peux tu nous en dire un peu plus ?
Vincent : Nous sommes en relation depuis quelques
années maintenant avec le groupe Akin et nous apprécions
leur démarche artistique. Cette collaboration avec
Adeline s'est donc fait naturellement, d'autant plus que
nous sommes originaire de la même région.
Adeline intervient sur 3 morceaux de l'album et vient renforcer
subtilement le travail vocal réalisé par Eric. Le
mariage de leur timbres respectifs nous a vraiment séduits et
constitue un plus pour le groupe.
Comment s'est passée
la collaboration avec Mikka Jussila ?
Guillaume : La
collaboration avec Mika Jussila a été très simple.
Nous avions pris contact avec lui alors que le mixage de
notre album n'était pas encore finalisé, et nous lui
avons ensuite envoyé les bandes. Il a travaillé à
partir de cet élément et quelques semaines plus tard
nous a renvoyé le résultat de son travail... Le choix
de ce studio a été principalement motivé par les
excellents groupes qui sont allés au Finnvox Studio et
par l'excellente qualité sonore de leurs productions.
Nous sommes pleinement satisfaits du résultat final.
Comment procédez
vous pour composer ?
Vincent : Nous n'avons pas de méthode de composition
à proprement parlé, si ce n'est que la trame mélodique
des morceaux est souvent amené par les guitares. Généralement,
les meilleurs ambiances musicales se créent durant les
répétitions car nous avons une " vue "
d'ensemble ce qui permet de mieux se projeter en terme
d'idée, de mariage des instruments entre eux
D'autres fois, il nous arrive de venir avec des plans de
structures pré définis mais ce n'est généralement pas
la première version qui remporte les suffrages ! A présent
nous avons à notre disposition une nouvelle approche de
la composition puisque nous travaillons également via
l'informatique. Aujourd'hui, nous ne cherchons pas à
composer un style particulier. Nous nous laissons de façon
assez libre influencer pas la richesse des différents
styles que nous écoutons (rock, gothique, electro, pop,
heavy, émo core
)
De quoi parle vos
textes et où trouvez vous votre inspiration ?
Vincent : Cela reste très sombre. Nos textes
abordent des sujets qui nous touchent profondément au
point d'en souffrir certainement plus que de raison.
L'inspiration, c'est le quotidien auquel chacun est
confronté. C'est ce qui nous intoxique jour après jour
un peu plus, la médiocrité, la perversité,
l'individualisme, la futilité symbole plus qu'actuel de
la perte de nos valeurs, de notre raison d'être.
La vie est elle juste un instant dans un rêve ? Après
l'espoir, nous attendons aujourd'hui la fin de ce qui
n'aura été qu'un instant de trop.
Quels artistes apprécies-tu
tout particulièrement ?
Guillaume : Nick
Cave and The Bad Seeds. J'admire l'intégrité de cet
artiste complet (et de son groupe) qui enchaîne les
enregistrements et les tournées depuis de nombreuses années,
en évoluant constamment tout en restant fidèle à son
registre. Ses talents d'écrivain et de compositeur le
place à mes yeux au dessus de bon nombre d'artistes.
Que pense tu
de la scène gothique actuelle.
Vincent : Rien de bien particulier. Cette scène a
connu de grands moments. Aujourd'hui, on nous laisse
croire à un revival. Le gothique est à la mode et bon
nombre de secteurs artistiques nous proposent leur
mouture. Les majors ont flairé le bon coup et propulsent
des groupes formatés pour la tendance à coup de robe
noire et de corbeaux
La mode vestimentaire est également
au gothique
Cela passera sans doute. Ce que je
trouve dommage c'est l'utilisation avant tout lucrative
qui en est faite et la perte de l'originalité.
Toutefois, si l'on sort de la sphère commerciale, il
existe de bons groupes notamment au niveau français.
J'aime particulièrement Lycosia, The old dead tree ou
bien encore Dying tears que je salue au passage!
Quels albums écoutes-tu
le plus en ce moment, tous styles confondus ?
Guillaume : Pain (Nothing
Remains The Same), The Hellacopters (High Visibility),
Madonna (American Life), Novembre (Classica), Broder
Daniel, Arch Enemy (Anthems of Rebellion)...
As-tu une anecdote
amusante ou insolite à nous raconter sur le groupe ?
Guillaume : Jouer
en première partie d'Anathema et entamer un de nos
morceaux de Dying par l'intro de Sleepless, avec
l'aimable autorisation des personnes concernées :-)
Quels sont vos projets
futurs ? Des concerts sont-ils prévus ?
Guillaume : Dans
l'immédiat nous souhaitons promouvoir The Night Before
du mieux qu'il se peut, nous espérons donc tourner et
faire un maximum de concerts. Par expérience et peut être
également par superstition, nous ne préférons pas
confirmer de dates tant que rien n'a été formalisé.
Nous sommes également dans une phase de composition
assez productive et nous avons déjà quelques titres
sous la main pour un troisième album. Nous commençons
de maquetter ces compositions afin de pouvoir anticiper
un enregistrement, et pour avoir la possibilité de les
peaufiner au maximum.
Et pour conclure,
peux-tu dire un petit mot pour les auditeurs de Metal
Choc ?
Guillaume : Merci
à tous ceux qui soutiennent Kemet, et à ceux qui sauront
interpréter notre démarche. merci à toi pour ton
support. Plus d'infos sur www.kemet.fr.fm
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